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De: Alfonso Cuaron
Avec: Clive Owen, Julianne Moore


Site officiel:
http://www.childrenofmen.net
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt0206634/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=3525&lang=fr


très bon

Children Of Men


(...) un film d'anticipation plus que génial, sans effets spéciaux, aux plans-séquences ahurissants et aux acteurs excelents: Clive Owen, Michael Caine et Charlie Hunnam (qui sont parmis les meilleurs actuels, et en plus on voit pas beaucoup Julianne Moore).  Bref, un histoire, une anticipation choc qui vous subjugue, vous entraine jusqu'au paroxysme de l'immeuble assiégé. A retenir, 2 plans-séquences que je qualifierais de 2 des meilleurs de l'histoire! (...)

Londres, 2027.(…) Ici, pas de voitures volantes ni de buildings démesurés. Le frissonnant futur qu’il imagine ne fait que maquiller notre présent. Même décor à peine trafiqué, mêmes codes vestimentaires et architecturaux… Mais davantage de gris, de crasse, et surtout de violence et de désespoir. Seule l’Angleterre résiste au chaos mondial, guerres civiles, épuisement des ressources, etc. (...) A sa manière antispectaculaire, tourné avec une brutalité quasi documentaire, le film est un miroir à peine déformant de l’Occident. Alfonso Cuarón développe un discours rageur et saisissant contre les politiques actuelles (...) Les Fils de l’homme, ou le film d’anticipation que notre époque mérite.

(...) Tourné caméra à l'épaule, le cadrage est brut et nerveux. Le côté documentaire renforce le malaise. Tout au long de la première partie, le rythme donne l'impression de s'estomper pour encore mieux repartir, plus violent, plus cruel. Une véritable plongée en enfer : sur terre, bientôt. Les plans séquences nous hypnotisent pour ne plus nous laisser regarder ailleurs que la violence la plus crue. Clive Owen est notre seul espoir, le seul personnage que l'on suit tout au long de l'histoire. Les autres tombent comme des mouches. Toujours plus en danger, toujours dans l'urgence, on a le souffle coupé par tant de noirceur. Il pleut des corps à travers tout le cadre.  Entre les guérillas urbaines et les camps de concentration, la partie la plus sombre de l'être humain se révèle et ne nous semble pas si inconnue. Chaque scène rappelle une image vue dans un journal télévisé de ces 10 dernières années, mélangeant habilement le traumatisme post 11 septembre et les horribles témoignages datant de la seconde guerre mondiale. Les Fils de l'homme est un des films les plus sombres de cette année. (...)



(...) Là, comme chez Terry Gillian, le futur proche est dépeint comme un mélange de technologies déjà en gestation (publicité animée sur les bus, projection holographique sur le pare-brise) et de recyclage d'engins anachroniques (rickshaws, Avantime et CX break customisés), tout en s'appuyant sur des images imprimées dans l'inconscient collectif, comme ces carcasses de boeufs brûlant dans la campagne ou ces manifestations d'islamistes armés de kalachnikovs aux fronts ceints d'un bandeau vert.  Car le futur qui nous est promis n'est qu'une extrapolation pessimiste de ce que nous connnaissons : épidémie, pollution, terrorisme, camps de rétention. Comme dans Soleil Vert, on y propose un programme de suicide assisté baptisé Quietus.  (...) On l'a compris : l'univers créé par le metteur en scène mexicain est très réussi, ce qui est déjà fondamental pour un film d'anticipation. Mais sa qualité repose aussi sur la virtuosité de la réalisation ; les nombreuses scènes d'action, comme la poursuite dans la forêt ou l'assaut de l'immeuble des insurgés par l'armée sont tournés en plans-séquences, technique que maîtrise parfaitement Cuarón (...) Outre Michael Caine, la distribution est à la hauteur : Clive Owen, retrouvant la fougue de sa jeunesse en acceptant d'endosser cette paternité symbolique et miraculeuse, Julianne More, parfaite comme toujours (...)

(...) Sous travers d’un film au budget XXL vendu comme la soupe à l’action de cette fin d’année, le réalisateur de Y tu Mama Tambien apporte à toute une progéniture le film d’anticipation qui lui faisait défaut, là où surnage les pensées philosophiques de pacotilles remixées à la sauce manga. (...) Alfonso Cuaron use de son art pour montrer que l’on peut être aveugle même les yeux bien ouverts. Oubliant les stéréotypes qui veulent que notre futur proche soit tout sauf plausible, la production de l’ensemble effraie de part sa tenue des plus réalistes et par le pied constant qu’elle garde dans ses bases, c'est-à-dire notre époque actuelle. Car ce qui pousse le spectateur dans les tréfonds de son acuité critique face à ce film, c’est la sensation maligne d’avoir devant soi une version à peine romancée du journal télévisé de la veille.  (...)

(...) Il n’en demeure pas moins qu'éventuellement tout bancal qu’il soit, Children Of Men reste assurément l’un des meilleurs films sortis ces dernières années ; l’un de ceux dont les images vont hanter longtemps ses spectateurs et peut-être même un jour être comparées à des dépêches d'agence. Faut croiser les doigts, prier, toucher du bois, voter avec intelligence pour qu'en vieillissant cet excellent cru ne s'avère pas prophétique. Si tout se passe bien, il n'en apparaîtra pas moins comme l'une des plus pertinentes extrapolations politiques basées sur la vie dans ces très troublées premières années du XXIème siècle. Pour faire bref, c'est un futur classique! (...)

Vous pouvez lire également au sujet de ce film Apocalypse 2027 dans le Journal de bord de Zabladowski

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