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De: Todd Field
Avec: Kate Winslet, Patrick Wilson, Jennifer Connelly


Site officiel:
http://www.littlechildrenmovie.com
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=5169
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt0404203/


bon

Little Children


Avec Little ChildrenTodd Field signe un véritable coup de maître en rendant ses personnages humains, fragiles et brillants de sincérité. Force est de constater que même le pestiféré du film, considéré comme un monstre violeur d’enfants, suscite, par moments, un soupçon de compassion.   Cette œuvre audacieuse, au-delà d’un scénario béton et d’une mise en scène remarquable, soulève de vraies questions. (...) Todd Field filme avec pudeur la perte des repères, des certitudes et des idéaux sur la vie, l’amour et le couple. Les convictions personnelles des héros s’envolent… Les nôtres avec!  (...) Cette étude de mœurs intimiste se révèle être une réelle surprise pour le Septième Art. D’accord, ce n’est pas LE film de l’année (...) N’ayons pas peur des mots, il serait quasi-criminel de passer à côté de Little Children.



(...) On en connaît chaque pâté de maisons de cette banlieue proprette au vernis qui craque, du totem American Beauty en passant par une multitude d’autres représentants, on pense en avoir fait le tour, mais Little Children, (...), parvient à imposer sa propre voix. D’abord par sa façon de peindre les questions liées au sexe: l'obsession de la castration du voisin, la passion comme une fièvre, le sentiment maladif et coupable - chaque situation est essorée et traitée intelligemment sur le ton de la fable. Une voix-off distanciée, ses archétypes, et une ironie qui entoure le destin de ses personnages (...) Ce ton apporte quelque chose en plus à Little Children, comme si au traitement habituel était ajoutée quelque cuillère de Daniel Clowes, plus acide, plus cruel, plus douloureux (...)



Quand le cinéma américain s’adresse à un public adulte, il a souvent la même couleur : voix off introspective, épaisseur psychologique, contamination par la littérature (...). Cette forme trop balisée dessert les premières bobines de Little Children (...) On est spectateur un peu indifférent de la chose (et de ce qui la précède), jusqu’à ce que le récit s’enrichisse d’une deuxième histoire : celle de Ronnie, jadis condamné pour attentat à la pudeur sur mineur, suspect de pédophilie, que la petite communauté villageoise s’obstine à persécuter. (...) C’est ce personnage hors du commun qui dynamite le récit. Todd Field l’aborde avec une franchise perturbante.



(...) Avec une mise en scène d'un calme absolu, flirtant avec le milieu aisé dans lequel baignent les personnages, privilégiant cette fois-ci couleur et luminosité d'une vie dorée, où chacun semble d'inventer des problèmes ou des sujets d'inquiétudes au lieu de profiter de la vie. (...) Dans ce petit monde lisse, Todd Field introduit des temps morts, des moments flottants. Par des gros plans ou des contre plongées audacieuses, il crée le bien être comme le malaise, précipitant le spectateur comme ses personnages vers un dénouement forcément navrant pour tout le monde. Little children est donc autant une expérience sensorielle qu'un voyage au pays des bourgeois et de leur morale, pas si nette. (...)



Lentement, Little Children ajoute les scènes les unes aux autres, sans véritable fil conducteur. C'est parfois drôle, tendre et fort mais tout autant prétentieux, risible et vide. L'utilisation des ralentis est subtile et précise, arrivant à faire de n'importe quelle scène anecdotique un potentiel régal visuel. Et c'est bien là ce qui sauve le long métrage de ses défauts (...)



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