(...) Grizzly Bear crée un monde puisant ses racines aussi bien dans le folk délicat et authentique que dans la pop mélodique tout en donnant sa propre interprétation, sa propre vue de l'ensemble. Mais attention, les titres présentés sur Yellow House ne se donnent pas immédiatement. Ils s'apprécient sur la longueur et chaque écoute permet de déceler de nouvelles subtilités. Sans se soucier des autres, il façonne des peintures où chaque note, où chaque placement de voix engendre une valeur ajoutée et souligne des sentiments évanescents et insoupçonnés. Par ces aspects, il est évident que Grizzly Bear possède des atouts similaires à des groupes comme Animal Collective (...)
(...) C’est une tendance lourde et récente : le folk revient en se diversifiant. Même si la singularité de certains groupes empêche toute étiquette d’adhérer véritablement, on ajoute avec un peu de papier collant un adjectif adéquat pour pouvoir faire tenir le tout. Ainsi donc c’est du mot psychédélique dont je me servirai cette fois-ci. On ne va pas jouer au jeu de la plus jolie définition pour justifier ces deux termes tant ce que propose Grizzly Bear est déroutant. Prenant le sillage des leaders du genre que sont Animal Collective (...), Grizzly Bear propose des chansons dans une veine plutôt acoustique (ce qui est folk) mais une structure de composition moins rigide et plus touffue, avec de nombreux instruments (cuivres, un peu de cordes) mais dont aucun ne prétend assumer seul la ligne mélodique. On en peut donc pas directement établir une filiation avec le précurseur du genre qu’est le récemment disparu Syd Barrett mais les passages les plus doux-dingues peuvent s’en rapprocher. Pas de morceaux de bravoure pour usage de psychotropes ici, seulement une superposition de couches sonores qui contribuent ensemble à former un ensemble, certes dense, mais ne cédant rien à la musicalité. Les arpèges de guitare sont souvent simples par exemple et il n’y a rien ici qui puisse se rapprocher même de loin à un solo ou à un moment technique. A des années-lumière d’un Mars Volta par exemple dans la grande famille des musiques complexes. (...) Si cette musique peut se révéler agréable/chouette/intéressante (biffez selon vos goûts) à écouter, elle demeure rétive à tout classement et explication. J’aurais pu trouver une explication plus convaincante à mon manque de clarté, je vous l’accorde. (...)
Vous pouvez lire également au sujet de cet album 3 + 1 gratuit dans le Journal de bord de Zabladowski



