Dreamt for Light... n’est pas a fortiori un mauvais disque. Simplement, comparé aux états de services passés, un énorme vide semble l’habiter. On écoute poliment défiler les douze plages sans en garder la moindre trace. Pas la moindre accélération de pulsation ne se manifeste en nous. On peut ressasser les sempiternelles questions sur les mécanismes de l’inspiration : malgré toute la bonne volonté que se donne Mark Linkous pour faire sonner au mieux ses chansons, la grâce s’est envolée. (...) Maintes fois repoussé, le quatrième album de Sparklehorse relève d’un processus douloureux. La douleur d’un musicien qui aimerait vainement être à la hauteur, faute à une inspiration en berne. Un tiers du disque est ainsi constitué de vieux morceaux (...) Qu’importe, Sparklehorse a régulièrement puisé dans son matériel passé pour le magnifier. Mais dans le cas actuel, la qualité des morceaux repêchés et leur relecture sont sujets à caution.
Je ne connaissais Sparklehorse que de nom. (...) J’ai écouté suffisamment de fois Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain pour vous dire que ce disque est franchement sympathique. Don’t take my sunshine away est superbe, et j’ai été bouleversée par le troisième titre du disque, Shade and honey. Dès les premières notes de la superbe See the light on se sent transporté, envahi par une vague de bonheur et de douceur. C’est aussi par cette chanson que l’on est assommé d’air frais, de prise de hauteur, d’apesanteur. Vous serez probablement pris au vol par Some Sweet Day (...). Je ne peux décemment pas dire que ce disque est parfait, et je ne peux pas non plus le comparer avec le reste de la discographie du groupe, mais je trouve qu’il est très (trop) bien léché. Il y a derrière ces productions une perfection louche, gênante, qui m’empêche vraiment de me sentir enveloppée correctement. Heureusement un titre rapide et rythmé comme Ghost in the sky permet de voir une palette supplémentaire des couleurs musicales de Sparklehorse. Ce n’est pas un titre limpide et simpliste comme Mountains qui arrive à me convaincre, mais plutôt Morning Hollow ou It’s not so hard. Je reste encore scotchée par le planant, romantique, et sexy Knives of summertime. (...)
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